En direct live...
Here is my house :) Juste sous le gros point vert ;-)
J'aurais voulu rentrer chez moi.
Ouvrir la porte, et me trouver dans cet endroit familier, bien plus petit que celui dans lequel j'ai grandi, mais tellement plus mien... Entrer et me trouver devant Cicéron et Démosthène m'attendant. Le premier se frottant contre mes jambes, le second manifestant par des miaulements aïgus son mécontentement devant mon absence de la journée.
J'aurais voulu m'affaler sur un clic-clac faisant office de canapé, sans avoir à me préoccuper de faire à manger, juste pour savourer la fin d'un WE avant une nouvelle semaine de travail.
Au lieu de ça, je rentre dans une grande maison vide et glauque, avec pour m'ouvrir la porte un individu de 21 ans à la grise mine : le cercle vicieux des concours approchant... Même pas attendue, seule, avec pour seuls amis ce clavier et l'odeur d'un être aimé flottant encore autour de moi.
Je regarde le soir arriver doucement : la lueur du jour, la lumière et la chaleur m'apaisent et me redonnent le sourire, mais me rappellent cruellement que les vacances ne seront pas pour moi cette année... Je n'en ai que faire... la plupart du temps. Plus difficile quand le soleil me fait transpirer et me transporte dans ce qui est devenu mon QG estival, cet endroit d'où on voit la mer en se levant.
Demain, ce n'est pas un travail qui m'attend mais une journée ludique, amicale. Je n'en ai que trop de ces moments, n'arriverais-je plus donc à les apprécier ?
Le plus étrange dans tout ça, c'est que je ne me sens pas déprimée. Juste lasse, infiniment lasse... J'ai passé le WE chez Milo, je suis rentrée chez moi (chez mes parents...). Hier, j'ai reçu un courier de l'ANPE. Je suis inscrite comme demandeur d'emploi depuis 4 mois, ça y est : je vais avoir droit aux rendez-vous mensuels, au contrôle de ma recherche d'emploi... C'est censé rassurer, aider ? Au contraire, j'ai encore plus l'impression d'être à plaindre, et je déteste cette sensation. Que celui qui rend grâce à l'ANPE d'avoir trouvé le boulot de ses rêves me le signifie ici et maintenant : il serait ma lueur d'espoir...
Avant, le cafard du dimanche soir me tombait dessus parce que je reprenais - au choix - le boulot (l'époque où j'étais pionne), le stage, ou la fac. Aujourd'hui, il est là parce que le lundi marque le début d'une nouvelle semaine identique à la précédente, qui me donne l'impression de tourner en rond, de regarder le temps défiler sans savoir comment l'occuper.
Enfin, j'imagine que ça va passer, ça passe toujours...
Demain, je passe voir ma grand-mère dans la matinée, elle y tient. L'après-midi, j'ai rendez-vous avec Hilda et Fiona : au programme, déjeuner ensemble et balade en ville, pour discuter de tout et de rien- on se voit peu, toutes les trois. C'est marrant, il y a deux jours encore je râlais après Hilda, qui a tendance à tout voir en noir, être pessimiste et râleuse. Mais je tiens énormément à elle et à Fiona aussi. Je sais que dans 10, 20, 40 ans elles seront encore là pour moi. Dans les films et les séries TV, on voit toujours des petits groupes d'amies, comme ça, et j'ai longtemps douté de faire partie un jour de ce club très fermé : avant un certain âge, la plupart des filles sont des garces entre elles. Bon, toujours en fait, mais pas toutes.
Avec Hilda et Fiona, pas de jalousie. De la joie sincère des réussites des autres, de l'empathie, des bras toujours tendus. Bref, une jolie journée qui s'annonce à nouveau...
Dès mardi soir, mon charmant frère file passer sa semaine chez une de mes cousines pour passer ses concours, et aller chercher son amabilité au fond du placard où il l'a laissée je ne sais plus quand. Enfin, j'espère. Monsieur ne me parle que pour me demander ce qu'on mange, et me signifier que les choses ne lui convenant pas, il va se faire des pâtes en plus. Funny, hein ?
[PS : Cicéron et Démosthène sont les chats que je n'ai pas encore et que je n'aurai que "chez moi". Ce sont les premiers noms qui me sont venus à l'esprit ;-)]

