Blues
Je rêve d’un boulot dans lequel je ne passerais pas mon temps à regarder les minutes défiler sur la pendule. D’un boulot dans lequel je n’entendrais pas mes collègues faire des messes basses sans arrêt, en ayant peur d’être leur tête de Turc du jour. Un boulot dans lequel je n’aurais pas constaté de mes yeux qu’on peut vomir sur une personne et rire avec elle la seconde d’après. A qui se fier ?
Oui je sais… Je ne devrais pas attacher d’importance à tout cela.
J’ai une vie en dehors, une belle vie qui me permet de mettre tout ça de côté sitôt le pied posé dans mon environnement familier.
Et pourtant… Se lever, chaque matin, en ayant l’impression d’aller volontairement marcher dans un nid de vipères… J’ai tout simplement de plus en plus de mal à aller faire mon travail pour avoir mon salaire, en faisant abstraction de tout ça.
J’ai besoin d’enthousiasme et de passion, j’ai besoin de me donner à corps perdu, et ici, c’est impossible. Je dois juste tenir, mais pour quoi, au juste ? Je ne veux pas abandonner, comme je l’ai trop souvent fait. Et pourtant, ne suis-je pas en train d’y laisser ma santé ?
Ce matin, je parlais à C. Je lui disais combien j’avais mal au cœur de voir que depuis quelques mois, il avait perdu sa flamme. Qui essayais-je de convaincre, finalement ? Parce que la mienne, elle a tendance à être fragile, en ce moment… Elle n’est pas encore éteinte, mais elle a besoin d’air pour vivre, et d’un abri pour ne plus avoir peur…
Je ne sais pas…
Ma période d’essai s’achève fin octobre, alors c’est maintenant ou jamais. Tenter, qui ne risque rien n’a rien…
J’ai à nouveau déposé mon CV sur des sites, plus spécialisés que Monster ou l’Anpe. Qui sait si le job de ma vie ne m’y attend pas ? Mais vite, le temps passe…
Et puis au pire, je continuerai mon bonhomme de chemin ici, l’esprit occupé de mon futur déménagement, de la préparation de mon mariage, de la recherche de mes chats… Que des belles choses, bien des gens n’en ont pas autant, alors quoi ? Je culpabilise un peu… Trop sensible, trop attentive à ces détails qui me minent et que tant d’autres arrivent à surmonter… Faible et pas envie d’être forte, mais ce n’est pas ça, la Vie…
Alors s’il le faut, je resterai. Un an, peut-être plus selon les opportunités autres, et je continuerai à rester invisible dans mon bureau, à faire ce que j’ai à faire sans passion ni envie, à manger avec les pestiférées, ou seule, je ne sais pas ce qui est pire…
Et cependant, en vous disant ça, j’ai conscience que je grossis sûrement le trait… Sur 9 collègues, seules 3 me glacent… L’une s’en va demain, l’une des autres cherche à partir… Les autres sont plutôt sympathiques… Mais je me trouve encore devant des gens pour lesquels certains mots que j’emploie sont trop compliqués, et qui s’expriment de manière erronée… « Le rythme de la fin de l’année va être soutenant »… J’ai besoin de culture. Et les seules qui en ont me battent froid, et je ne sais même pas pourquoi…
Au rayon des autres nouvelles : jeudi prochain, Milo et moi avons rendez-vous avec le prêtre qui nous mariera peut-être… On lui proposera 3 dates : le 31 août, le 6 septembre et le 20, et s’il les accepte, on pourra réserver la salle et enfin arrêter une date définitive.
[phrase modifiée avant que tout le monde croie comme Pincho qu'on se marie jeudi prochain... mdr]
