Laisser couler...

Par pollux - Le 21 mar 2007 à 18:22

Il fallait quand même que je vous raconte ce qui s'est passé la semaine dernière ! Ce n'est pas vraiment la joie, mais on fait avec. On passe au-dessus parce que ça aurait trop de conséquences de s'y attarder...


Je vais commencer par parler de Diotima. Dio, c'est mon amie d'enfance. Ma meilleure amie peut-être, mais j'ai toujours eu du mal à qualifier une de mes amies filles ainsi. Ca marche pour les garçons, pas pour les filles. Peut-être que je m'en méfie plus ? Bref.

Donc Dio, je la connais depuis qu'on a 5 ans. Ca fait un bail, donc. 19 ans. Wouah. Notre relation a été faite de hauts et de bas, principalement parce que j'ai toujours eu du caractère (de chien ?) et qu'elle, étant plus jeune, n'en avait pour ainsi dire pas. Ca a bien changé, mais jusqu'à nos 13-14 ans, on pouvait dire que je la martyrisais. Pas volontairement, et elle ne m'en tenait pas rigueur, du coup nous étions amies.

Et puis chez elle, ça a commencé à ne plus aller. Suite au divorce de ses parents, elle a déménagé, puis est revenue. Nous nous voyions épisodiquement, mais chaque fois, nous avions des tas de choses à nous raconter. On se retrouvait comme si nous nous étions quittées la veille.

Ca a continué comme ça, jusqu'en 2003, où nous sommes devenues encore plus proches, on se voyait souvent, on sortait régulièrement.


En janvier 2004, elle m'invite à l'anniversaire de sa petite soeur. J'y rencontre Milo. Elle me servait de confidente, à Milo également, elle n'est pas intervenue du tout, mais elle a été là. Nos relations ont pris un nouveau tournant, on était quasi inséparables.


Mais depuis quelques temps, tout va de travers. Elle ne donne presque pas de nouvelles, elle est installée à Paris même, d'où elle regarde avec condescendance la vie de la banlieusarde que je suis, « casée » depuis bientôt 3 ans et qui n'a pas besoin de sortir 6 jours sur 7 ou de se taper 5 cuites par mois pour se sentir exister.

Elle se perd dans un monde qui n'est pas le sien, elle offre son corps qu'elle n'a jamais aimé et qu'elle ne respecte plus, croise des hommes un soir qu'elle oublie aussitôt. Elle n'a pas eu une adolescence « normale », elle a dû grandir bien trop vite, et aujourd'hui, elle le paie au prix fort. Le pire, c'est que cette vie ne la satisfait pas, elle l'avoue, mais elle a l'impression de vivre.

Elle envie et méprise à la fois la vie que je mène, ma relation avec Milo, parce qu'elle rêve d'aimer et de l'être, mais qu'elle refuse farouchement de rendre des comptes à qui que ce soit. Elle veut faire ce qu'elle veut, quand elle veut, où elle veut, et ne vivre que pour elle. Elle aspire à ce que je vis de toute son âme et est en même temps persuadée que je me complais dans une prison dorée...


Elle n'a rien compris, ne veut rien comprendre.

En conséquence, la vie se charge de nous éloigner... Elle n'a pas, ou rarement, de temps à accorder à quelqu'un qui a une vie si différente de la sienne. Aujourd'hui, j'ai mal de le dire, mais je l'indiffère.

J'ai discuté avec une de nos amies communes lundi dernier, qui a eu l'air surprise que je n'aie pas eu de nouvelles depuis un mois. J'en ai assez... D'être toujours celle qui l'appelle, celle qui lui propose qu'on se voie. Et pourtant, cette fois encore, j'ai cédé. Je lui ai envoyé un message.


Miracle. Elle m'a rappelée le lendemain. Très aimable, compréhensive. Pour me dire au passage que son père me proposait un boulot. J'ai d'ailleurs eu un entretien et j'ai finalement refusé (ce n'est pas du tout ce que je cherche, et lui n'a pas besoin de quelqu'un qui sera mentalement parti avant de commencer).

Samedi matin, elle m'appelle pour me dire qu'elle voulait sortir le soir, me demande si je suis disponible. Bien sûr, trop heureuse, j'accepte.


La soirée en elle-même était sympathique : resto marocain, puis verre dans un pub.

Seulement...

Elle ne m'avait pas vue depuis un mois. Elle n'avait pas vu Milo depuis plus longtemps encore.

Et elle n'a posé aucune question sur nos vies. Ni demandé comment on allait. Ni ce que nous devenions. Rien. Elle n'a parlé que d'elle-même. Quand je lui ai demandé pour plaisanter : « bon alors, tu as fait quoi depuis un mois ? », elle m'a répondu « bah euh, j'ai pris 3 cuites, hahahaha ». Elle était avec une fille de la formation qu'elle suit en ce moment, et j'ai détesté leurs regards entendus et leurs rires de « filles libres », du genre « nous on sait ce que c'est de vivre ».


Je suis déçue de cette soirée. Déçue d'elle. Je pourrais accepter qu'elle vive ainsi et m'en tienne à l'écart. Mais son mépris me touche plus profondément que je ne l'aurais cru.

Je n'en peux plus. Je ne la rappellerai pas. On est amenées à se revoir, ne serait-ce qu'aux fiançailles de sa soeur fin avril. Mais d'ici là, c'est elle qui devra faire un pas. Je sais qu'une fois cette crise passée, elle reviendra. Je serai là, bien sûr, mais j'espère qu'elle ne tardera pas trop... Pour l'instant, elle essaie je crois de se détacher de tout ce qui lui rappelle « son ancienne vie ». Tant pis, j'attendrai, mais ça fait mal..

Je mesure la chance que j'ai d'avoir Milo, qui me soutient quoi qu'il arrive. Et cette semaine, j'en ai eu besoin plus que jamais... La déception de Dio avait en effet succédé à une sorte de crise, vendredi.

Vendredi matin, j'arrive chez Milo. Le midi, on prend notre repas, on range puis on se met devant la télé à regarder un film. Rentre son père. Qui commence à grommeler. Je percute qu'il a l'air en colère, mais pas plus, je suis dans le film. Puis je tourne la tête vers lui, et là, il me regarde méchamment et me dit « oui oui, c'est à vous deux que je parle ! Ca ne peut pas continuer, il va falloir qu'on s'explique ! ».

Je suis complètement interloquée, je ne vois pas ce qu'on a fait de mal... Je le vois nettoyer des miettes sur la table, je pense que c'est ça, mais non. Pour une histoire de portillon non fermé et de voiture soi-disant mal garée (la mienne), il a fait un scandale. A commencé à nous engueuler (en fait, c'était moi qu'il visait). Une fois ses doléances balancées, il s'est préparé à manger en continuant à râler à voix basse « quand on est chez les gens on respecte, c'est pas possible, ça », etc, et c'était la même litanie toujours en boucle.

Je ne savais plus où me mettre. Au bout de 5 minutes je n'ai plus tenu, je suis allée dans la chambre de Milo ranger mes affaires. J'étais en larmes. Milo m'a retenue alors que j'étais sur le point de partir. On s'est enfermés dans sa chambre tout le reste de l'après-midi.

Milo a appelé sa mère pour lui expliquer la situation. Celle-ci lui a dit que je ne devais pas m'en préoccuper. En fait, il s'était énervé après elle le matin, et comme chaque fois qu'il est en colère après quelqu'un, tout le reste de la maison en prend plein la figure au premier prétexte bidon. Sauf que la grande première, c'est que ça ait été moi qui en sois victime.

Pour rien, en plus !! Ma voiture était garée correctement, ne gênait personne, quant à ce portillon, il est cassé de toutes manières ! Et puis mince, jamais mes parents ne se permettent de faire une remarque à Milo ! Et en tous cas, pas sur ce ton ! Mon grand-père, qui est pourtant la personne qui possède le moins de tact de toutes mes connaissances, n'a jamais osé parler sur ce ton à mon père !

Il faut ajouter qu'il y avait déjà un contentieux avec le père de Milo : il est sourd, et moi, ma voix ne porte pas vraiment. Donc, une fois sur deux, quand je dis bonjour, il n'entend pas... Il n'entend même pas la sonnette alors qu'il est à côté de la porte (du coup j'attends toujours trois plombes dehors), comment peut-il être de si mauvaise foi quand on lui dit que OUI, je DIS BONJOUR ?!

Bref, aujourd'hui, tout est à peu près arrangé. Je gare ma voiture loin de chez eux, je ne passe plus par ce foutu portillon, je dis bonjour bien fort en essayant de ne pas être mal aimable, et surtout ! Je ne le regarde pas. J'ai un regard bien trop éloquent quand je suis en colère... Mais j'ai eu peur. Peur que ça ait des répercussions sur la relation que j'ai avec Milo. Peur que son père refuse que je revienne chez eux. Peur de ne plus réussir moi-même à y aller... La mère de Milo lui a parlé, il a l'air calmé, mais pour combien de temps ? En attendant, volontairement, et pour une durée indéterminée, je ne dors plus chez Milo, je ne mange plus chez lui (sauf ce midi, mais je savais que son père serait absent).

Maintenant, il faut que vous sachiez que le père de Milo n'est pas quelqu'un d'ordinaire. Il y a des graves contentieux avec ses trois enfants. L'aînée le déteste franchement, la plus jeune ne l'apprécie pas non plus, tout comme Milo. Milo qui me raconte de plus en plus de choses sur ce qu'a été son enfance avec un père pareil... Qui m'a dit vendredi que le jour où il partirait de chez ses parents il dirait à son père tout ce qu'il a sur le coeur... Et ce qui vient de se passer ne fait qu'ajouter une ligne de plus à tout ce qu'il lui reproche...

Je lui en veux d'être comme ça, d'avoir fait tant de mal à Milo et d'essayer de paraître un blagueur bon vivant pour les étrangers ! Ce qu'il était pour moi jusqu'à vendredi... Le masque est tombé et je ne peux plus être indulgente comme avant... Parce que j'ai appris d'autres choses, et parce qu'il ne respecte personne.

C'est très ambivalent comme sentiment... J'essaie de raisonner Milo, de lui dire que tout cracher sera inutile, fera du mal à sa mère, mais il en a besoin, je crois... Je réalise en écrivant tout ça que les choses ont bien changé, que plus jamais je ne le regarderai de la même manière, que la prochaine fois où, immanquablement, je partagerai la même table que lui je ne pourrai pas me sentir à l'aise.

Je suis encore marquée par ce qui s'est passé. Il m'a blessée. Sa femme lui a remis la tête à l'endroit mais justement, pour cet homme qui sent que son autorité est inexistante, je crois que le gronder comme un gamin ne fait qu'empirer les choses, et attiser sa rancune à l'encontre de tous ceux contre qui il essaie d'user d'autorité.

Il est vraiment grand temps que j'ai un chez-moi... J'étouffais chez moi, et maintenant, je vais trembler chaque fois que je suis chez Milo qu'une semblable scène se reproduise, et qu'un jour, qui sait, il m'interdise le seuil de sa maison, comme la soeur aînée de Milo m'a dit qu'il en était capable...

Je ne sais pas vraiment ce que je ressens à son encontre... Pour avoir connu la haine, je sais que ce n'en est pas. Je suis incapable d'en éprouver à nouveau. Je crois que j'ai juste envie d'être indifférente... Froide, étrangère, condescendante, oui ! C'est exactement ça. Ce sentiment que je trouve terrible quand on en est la cible. Le pire qu'on puisse éprouver à l'égard de quelqu'un, je crois. Le pauvre, qui va rire de ses blagues, maintenant ? C'est particulièrement injuste parce que je suis toujours la première à le défendre quand je trouve que ses enfants abusent. Que quels que soient ses défauts, il reste leur père. Tant pis...




Don't stop me now

Par pollux - Le 20 mar 2007 à 22:53

Parce que je l'idôlatre... la chanson, Freddy Mercury, Queen. Que je vais vous bassiner avec tout bientôt. Puis bon, je ne pouvais pas continuer mon blog sans cette chanson ! The One, incontestablement. Quoi que je fasse.

Savourez. 

 

 


 Et merde, je pleure !

Queen me fait pleurer, toujours. Cette chanson particulièrement... Peut-être d'avoir failli la perdre ? (Je sais, c'est encore très explicite). 




Utopie

Par pollux - Le 08 mar 2007 à 22:04

Paysage aux Papillons, Salvador Dali... Et merci à Kmille de m'avoir fait redécouvrir cet artiste... :-)

 

 

V. (7 mars 2007)

Ca faisait longtemps, et ça me manquait :-) 




Some news !

Par pollux - Le 05 mar 2007 à 15:36

Long silence, finalement !


J'avais dit au début de ce blog que j'essaierai de poster deux fois par semaine, raté !

J'ai été râler auprès d'une certaine bloggeuse à cause du manque d'article depuis 8 jours, et finalement, je n'ai pas fait mieux, c'est pathétique !

Bon, à ma décharge, j'ai été pas mal occupée, et quand j'avais du temps libre (oui, parce que si j'avais voulu, j'aurais eu le temps d'écrire quelque chose), ma flemme reprenait le dessus. J'ai un article tout prêt depuis quelques semaines, mais il parle de témoins de mariage, je vais vous laisser souffler un peu :-D


Rien d'extraordinaire cependant durant cette semaine et demie : j'ai profité des derniers jours de ce maudit mois de février, et tout doucement, me voilà donc en mars. Toujours sans boulot, mais ça finira par venir... Autant au début, les offres ne correspondaient pas à mon profil, autant maintenant, je m'y reconnais souvent. Le revers de la médaille existe : une réponse négative ou une non-réponse quand on sait qu'on n'est pas le candidat idéal est vite digérée malgré la déception ; en revanche, quand on correspond parfaitement au profil recherché, ça file un méchant coup au moral.

Cela dit, je dois bien avouer que si ma recherche s'est intensifié considérablement ces dernières semaines, je ne suis pas encore « à fond », notamment en ce qui concerne les candidatures spontanées. Je réponds en moyenne à 5 annonces par semaine, mais je n'ai toujours pas envoyé de candidatures spontanées dans les associations culturelles du département, alors que je pense que c'est là ma meilleure chance. Et en outre, ce qui m'attire le plus : le culturel et le patrimoine sont une de mes nombreuses vocation, tandis que bosser dans mon département signifie ne pas prendre le train quotidiennement pour aller à Paris mais la voiture... Psychologiquement, c'est très différent.


Paris ne me manque pas. Ce n'est rien de le dire. Je n'aime pas cette ville, peut-être parce qu'y aller a toujours été fonctionnel pour moi. Jamais je n'ai été à Paris en touriste. J'y allais pour aller en cours. Certes, j'adore le quartier de la Sorbonne, le seul que je trouve lumineux, aéré, vivant... les autres arrondissements m'apparaissent ternes et sans saveur, telle une longue suite d'immeubles gris. J'étouffe dans cette ville, j'ai l'impression que le soleil ne l'atteint pas. Pourtant, on dit de Paris qu'elle est l'une des plus belles villes du monde, la ville de l'amour... Rien ne m'y fait vibrer.

Les gens sont maussades, le métro est sale, l'air ambiant nauséabond.

J'ai tellement envie de partir, j'ai besoin de la lumière que confère le soleil au ciel quand la mer est proche. Le bleu est tellement différent d'ici...

Mais là encore, c'est un rêve, du moins actuellement. Je sais qu'il se réalisera, parce que pas plus que moi Milo n'a envie de rester ici. Cependant, comme tout le monde, nous irons là où nous pourrons travailler.


Pour le reste, Plum' me posait la question, oui, mes cheveux sont coupés. 35 cm partis en fumée, d'un coup de ciseaux (enfin, plusieurs, ma coiffeuse est prudente, elle sait qu'on ne plaisante pas avec mes cheveux...). Ca change un peu, certes. Mais contrairement à mon habitude... je suis ressortie de là contente de ma nouvelle coupe, quelque regrets bien sûr pour les cheveux défunts mais sans plus. Ma « parure » est partie, mais ça repousse. Puis au rythme où les miens vont, dans un an je me rassieds dessus. Puis j'avais besoin de changer de tête, je crois, peut-être pour ne pas avoir l'impression de stagner, pour tromper l'ennui qui est le mien, l'inutilité croissante de mon existence actuellement... Bon, j'exagère. Mais cette recherche de boulot prend le pas sur tout le reste. Stop la complainte, on ne recommence pas ! D'ailleurs, voilà la photo de dos :

(soyez indulgents, je me suis prise toute seule à l'aide d'un miroir de salle de bains...) 

 

 


 


Et enfin, mon sac ! Ayé, il est terminé, je l'adore. Milo a beaucoup aimé aussi, ses soeurs même chose... J'attends avec impatience le « il est trop beau ton sac, tu l'as acheté où ? » auquel je répondrai avec délectation : « nulle part, je l'ai fait ! ». Héhéhé. Bah oui, je n'y avais pas pensé, mais au moins personne n'aura le même que moi ! ;-)


Voilà donc la bête ! :-)

 

 


 Comme ça, on dirait qu'il n'est pas droit, mais ce n'est qu'une illusion :-)




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