Imprévu...
Au départ, je ne devais pas poster cet article ici. Je le trouvais bien trop intime, je ne me sentais pas prête à le dévoiler. J'ai finalement changé d'avis.
En général, quand je dois écrire un article, je le "rédige" en pensée auparavant, bien souvent sous la douche. Je ne sais pas pourquoi, cet endroit est propice à la réflexion, peut-être parce que c'est le seul où je sais que je ne serai pas dérangée, et où l'eau qui coule couvre les éventuels bruits extérieurs.
Au moment où j'écris cet article, je sors à peine de ma douche. Et les dernières lignes de ce qui va suivre vous expliqueront, j'espère, pourquoi j'ai décidé de le publier, allant contre ma première idée.
Hier soir, il s'est passé quelque chose qui m'a fait beaucoup réfléchir.
Je ne m'en suis jamais cachée même si je ne l'ai pas souvent évoqué, mais je suis catholique pratiquante. Enfin pratiquante ça reste à voir, je n'ai plus été à la messe depuis un an, excepté pour Noël ou Pâques. Consternant...
L'origine de ce "dédain" récent pour l'Eglise se trouve au mois de juillet 2004. Je passe mes premières vacances avec Milo. Nous sortons ensemble depuis 3 mois, nous ne sommes pas encore passé à l'acte. Je n'y suis pas prête parce qu'avec Seth, j'ai eu l'impression de ne pas avoir eu le choix. Donc comme je sais que Milo est mon avenir, je ne veux pas tout gâcher en allant trop vite, et en cédant contre mon gré. Lui, il m'attend, il tient suffisamment à moi pour cela.
Cela dit, cet été-là, nous partons avec 4 autres personnes. Diotima, un ami de Milo et sa copine, et une autre fille.
L'ami de Milo (Shikamaru) et son amie (Tenten) ont fait le choix de ne pas avoir de relations sexuelles avant leur mariage. Choix que je respecte. Mais choix que Milo et moi n'avons pas fait. Là commencent les ennuis.
Nous campons. Une grande tente de 3 compartiments, plus une autre. Milo et moi dormons dans le même. Tenten ne veut pas dormir avec Shikamaru, mais s'y sent obligée. Diotima et l'autre fille restent ensemble. Tenten nous en a voulu. A déclaré que Milo et moi ayant décidé de rester ensemble, nous les obligions à faire de même contre leur volonté, et ainsi fragilisant leurs résolutions et leur relation. Il restait une tente vide... S'ils l'avaient vraiment voulu, il y avait une solution... Mais c'était tellement plus facile de rejeter la faute sur d'autres...
Il faut savoir que Tenten et l'autre fille sont catholiques. Mais de celles qui voient la foi comme une liste d'interdiction. C'est simple, pour elles, Milo et moi sommes voués à la damnation parce que nous avons dormi ensemble. Alors qu'à ce moment-là, justement, nous d'avions fait QUE dormir. Non mais vous imaginez vous, aller plus loin dans une tente avec des voisins à 3 cm de vous ?!
La fin des vacances a été très tendue. Et après... notre petit groupe que je croyais d'amis a éclaté. Parce qu'elles n'ont pas su accepter que des gens puissent ne pas penser comme elles. Elles nous ont d'ailleurs dit clairement qu'elles ne souhaitaient être amies qu'avec des personnes qui partageaient à la lettre près leur mode de vie. Aujourd'hui, j'ai passé l'éponge. Bien sûr, j'ai souffert que des filles qui se disent chrétiennes m'aient jugée sans même me connaître, sans même discuter avec moi. La seule chose que je ne leur pardonne pas, c'est d'avoir éloigné Milo et moi-même par ricochet de l'Eglise. Pour lui, aller à la messe, c'est remettre le pied dans toutes ces histoires, risquer de les croiser.
Quand j'ai rencontré Milo, j'étais heureuse de pouvoir partager ça avec lui. Aujourd'hui, cette dimension n'existe plus, et je dois avouer que ça me manque. Pour vous peut-être est-ce incompréhensible, mais c'est ainsi...
Après vous avoir exposé rapidement le contexte, venons-en aux faits.
Hier soir, en faisant du ménage sur le bureau de mon ordinateur, je tombe sur un fichier PDF qui ne me rappelle rien. Je l'ouvre donc, et là, je tombe sur une conférence sur le flirt donnée par un diacre. Ce lien avait été évoqué par Simonie sur son blog, et je l'avais enregistré pensant le lire quand je le pourrai. Puis j'avais oublié, jusqu'à hier soir.
Et là, ce diacre expose des théories qui pour moi sont logiques, même si elles ne sont pas en accord avec la vie que je mène. J'en perçois le bien fondé et elles me paraissent être la bonne solution, même si tout cela paraîtra certainement désuet à beaucoup d'yeux. Cependant, j'en suis loin. Je n'en souffre pas particulièrement mais... j'y pense quand même.
Quand j'ai rencontré Milo, j'ai su qu'il ferait partie de ma vie. Et cette conviction n'a fait que se renforcer. Je sais qu'il est l'homme de ma vie, qu'il sera le père de mes enfants, et que je vieillirai avec lui. Nous n'avons fait l'amour que quand j'ai été certaine de mes choix, que quand j'ai été certaine que c'était MON choix et que je ne le subissais pas.
Dans cette conférence, le diacre prône la virginité avant le mariage, conseille de ne pas dire "je t'aime" à la légère, et prétend qu'un simple baiser engage déjà. Je suis d'accord avec cela, et d'autant plus facilement que je n'ai pas vécu x histoires... Deux seulement. Seth, que j'ai subie parce que je manquais de maturité et que je voulais faire "comme les autres", et Milo.
Il faut également la distinction entre l'amour sincère et l'amour vrai. Même si vous n'êtes pas croyants, je vous incite à lire ce qu'il dit, et que je ne saurais retranscrire de la manière la plus pertinente qui soit.
C'est ici : http://docs.leforumcatholique.org/src/pdf/conf_flirt.pdf
Suite à cette lecture, je me suis sentie... bizarre. Moi sans être moi. Détachée. A me poser des questions sur les choix que j'avais faits, oubliant que je les ai pensés et réfléchis, et que l'engagement que j'ai pris en me donnant à Milo ne l'a pas été à la légère. J'étais troublée, doutant de moi, de nous, de la pertinence d'un amour qui pourtant est le point central de ma vie, celui sur lequel je peux construire mon avenir.
Je me suis demandé si je l'aimais sincèrement, ou vraiment. Un amour sincère, c'est celui auquel on croit au moment où on l'éprouve. Un amour vrai, c'est celui qui n'a rien avoir avec les sentiments. Il est là, il vit, c'est tout. C'est avoir dépassé le plaisir égoïste, et bien d'autres choses. Lisez, il le dit tellement mieux que moi...
A ce moment de ma réflexion, Milo ne me manquait pas. J'étais indifférente, froide, presque à la limite de me demander si mon avenir était auprès de lui... Si je ne devais pas faire de constat d'échec de cette relation en laquelle j'avais mis tant d'espoirs... J'ai très mal dormi. Je suis très entière, et l'indifférence est un sentiment qui m'est totalement étranger, que je ne peux pas éprouver pour des gens qui me sont proches. Quand j'aime, d'amour ou d'amitié, je ne peux pas le faire à moitié. J'accepte la personne telle qu'elle est. Et Milo, j'aime ses défauts autant que ses qualités.
Ce matin, je me lève, toujours aussi mal à l'aise.
J'attendais la réponse à un mail important, je me suis donc connectée rapidement. Puis j'ai été faire un tour sur mon blog, et de là, vers les liens sur les vôtres. Me souvenant que Simonie m'a dit hier soir qu'elle posterait ce matin, je me dirige vers le sien. Je tombe sur cet article que j'ai dévoré et qui, miraculeusement, est la réponse à beaucoup de mes questionnements nocturnes. Je réalise peu à peu la portée de ce que j'ai lu hier, de ma relation avec Milo, de mes comportements, tout tourne dans ma tête si vite que j'en suis grisée et paradoxalement, je suis apaisée.
Simonie, tu ne comprendras peut-être pas en quoi t'avoir lue m'a aidée, moi-même en me relisant je me demande quel mot, quelle phrase a déclenché tout ça, mais c'est ainsi...
Je vis une période particulièrement difficile. Le chômage, quoi qu'on en dise, quoi qu'on en pense, c'est psychologiquement très dur. Je dors également très mal la nuit, et ce depuis les temps maudits de mon mémoire de maîtrise (qui est pourtant la chose dont je suis la plus fière à ce jour!), donc depuis 2 longues années... Ajoutez à cela qu'on est en février, et la recette spéciale déprime est prête.
Je l'ai dit à Milo l'autre jour. Que si je ne l'avais pas lui, si je devais choisir entre l'amour et le boulot, je choisirais le boulot sans hésiter. Déroutant pour quelqu'un qui a toujours prôné la prépondérance de la vie privée sur la vie professionnelle.
Mais Milo est là. Il m'aime après les réactions que j'ai vis-à-vis de son ex qui a failli être notre perte. Il m'aime après les mois difficiles que je lui ai faits vivre pendant que je n'arrivais pas à me mettre à mon mémoire de maîtrise en 2005, puis à mon mémoire de stage l'année suivante. Il m'aime encore alors que je suis au chômage depuis 5 mois et que je le vis de plus en plus difficilement. Il m'aime. Il est là, présent, rassurant, fidèle malgré tout. Et ça bon sang, ça ne compte pas pour rien !
Et moi je l'aime malgré son ex, je l'aime malgré sa nonchalence, je l'aime malgré sa manière de vivre parfois dans un autre monde, je l'aime malgré son sens des priorités qui n'est pas forcément le mien... Je suis toujours là, j'ai toujours envie de le protéger, de l'aider, d'être celle qui le soutient quand il doute de lui, d'être celle qui est fière de lui, toujours, quoi qu'il arrive. Et ça aussi, ça compte tellement...
Oui moralement, je suis à la traîne. Oui, je m'épuise à paraître enjouée alors qu'à l'intérieur tout se dégrade. Oui, j'ai du mal à aimer, non pas parce que je ne l'aime pas, mais parce que des doutes qui n'ont rien à voir avec lui m'envahissent peu à peu et masquent le soleil qui brille, là-bas, tout au fond, qui attend patiemment la fin de l'éclipse, avec confiance.
Aujourd'hui, j'ai besoin de m'engager plus avant avec Milo.
Je sais qu'on se mariera, quand, aucune idée et ça n'a pas d'importance. On se fiancera en temps et en heure, parce que nous y tenons aussi. Il ne s'agit pas de bague ou d'officialisation. Juste entre lui et moi, pour sceller ce qui est né aujourd'hui.
Dommage, nous ne sommes pas le 19 février. Certains collectionnent les prénoms, moi, c'est le 19 qui émaille ma vie. C'est sa date de naissance, c'est la date de notre amour, Seth m'a quittée le jour de mes 19 ans, ouvrant ainsi la porte à ma vie, la vraie, et d'autres encore...
Non, nous sommes simplement le 23 février. En attendant de l'être avec Milo, c'est maintenant que je m'engage devant vous à ne plus douter. Ni de lui, ni de son amour pour moi, ni de nous... ni de moi. Surtout pas de moi.




