Je ne sais pas si c’est très français comme expression, mais ça correspond parfaitement à mon état. Je suis invivable, au sens propre du terme. En gros, seuls trouvent grâce à mes yeux mes parents et mes frères. Le monde à l’envers, en fait. Peut-être parce qu’ils appartiennent à ma « vie d’avant », celle que je ne veux surtout pas quitter. En tous cas, pas maintenant que je suis au pied du mur et que je gamberge. Je ne veux pas me lever pour aller bosser alors que j’ai passé 9 mois à pleurer sur un temps libre dont je ne savais que faire.
Je ne veux pas déménager alors que je me suis lamentée sur mes relations avec mes parents dont je voulais à tout prix m’éloigner.
Je ne veux pas me marier alors que j’en rêve depuis des mois.
Je ne veux pas grandir, en fait. Mais apparemment, c’est trop tard… Et j’ai beaucoup de mal à gérer ces changements qui me tombent dessus tout en même temps.
Pauvre Milo qui me supporte alors que moi-même je ne supporte rien, que je lui fais des réflexions minute après minute, et que sans même en être consciente au moment où je le fais, j’essaie de le changer. Il a du mérite, je vous l’assure… N’importe quel humain normalement constitué aurait déjà pris la fuite, mais non, pas lui, il persiste. Et vu que son comportement avec moi n’a pas changé, je peux être sûre que ce n’est pas par inertie qu’il est toujours là.
En revanche, il a hâte que je change de boulot. Je peux dire sans me tromper que c’est une des principales raisons de mon état actuel. Ma décision est désormais prise, me voilà à nouveau sur le marché de l’emploi. Bien sûr, comme je viens de signer pour mon appart, hors de question de démissionner sans avoir trouvé quelque chose d’autre, mais c’est sûr et certain, je ne resterai pas ici. Je m’aigris et je m’encroûte, joli programme… Je ne progresse pas, je ne fais que ce que je sais faire. Moi qui ai toujours pensé que je n’avais pas d’ambition, me voilà détrompée, j’aspire à mieux. Je veux un boulot motivant, qui fasse passer mes journées rapidement parce que je ne verrai pas le temps passée, occupée par un boulot passionnant. Evidemment tout le monde aspire à ça… Mais là où je suis actuellement, j’en suis loin, très loin. Et puis l’ambiance de travail n’est pas motivante… Se lever le matin avec la nausée, épuisée avant même que la journée commence, non pas de fatigue physique, mais de fatigue nerveuse à l’idée des batailles futiles à mener, sentir l’angoisse comme une chape de plomb toute la journée, et n’attendre que ce moment béni où, la nuit tombée, je mets le pied dans l’ascenseur et appuie sur « 0 ». Ce n’est pas une vie, ce n’est pas la vie que je souhaite avoir.
Je suis profondément convaincue que quand on se bat pour ses rêves, on finit par s’en rapprocher, et trouver un équilibre qui ne soit pas précaire. Le confort, à défaut du Paradis.
J’ai donné. 6 mois que je lutte, que je persévère. Que j’hésite, ne sachant pas où placer la lâcheté : dans le fait de rester, parce que malgré tout, chercher du boulot ce n’est pas de tout repos, c’est repartir dans l’inconnu, ou partir, parce que c’est une fuite ?
J’ai réfléchi, discuté, retourné le problème dans tous les sens, et décidé. C’est rester, qui est lâche. Parce qu’en dehors de l’ambiance, le reste c’est la bonne planque… Un milieu dans lequel on n’est pas viré, dans lequel le salaire, à défaut d’être mirobolant, permet quand même de vivre décemment, dans lequel les horaires ne sont pas extensibles. Des primes, un 13ème mois, des RTT, sans parler que le fait de ne faire que ce qu’on sait faire est très appréciable quand on ne veut pas trop se fatiguer. Finalement, je ne suis pas aussi fainéante que je le croyais, étant donné que ça ne me suffit plus…
J’ai un boulot assuré, celui-ci. Je vais donc pouvoir prendre le temps de chercher dans un milieu qui me convienne mieux… Evidemment, je n’ai aucune garantie de trouver la perle rare. Aucune garantie que mes collègues seront plus aimables qu’ici. Mais au moins, j’essaie, je bouge, je me motive et je vois renaître l’espoir, qui me fait cruellement défaut en ce moment. J’ai laissé passer une chance monstrueuse pour ce boulot (un boulot en agence de presse à dominante histoire…), et je n’ai plus que mes yeux pour pleurer. Cela ne se reproduira pas, je refuse. Je n’ai pas grand-chose à perdre, croyez-moi…
De ces problèmes au boulot découlent ce qui me perturbe énormément en ce moment : je suis en pleine crise « caliméro : personne ne m’aime ».
Cette expression très cliché s’adapte pourtant parfaitement à ma situation actuelle.
Certes, mes collègues sont des harpies. Ceci dit, je n’ai pas la prétention de dire que je suis une pauvre victime innocente. Il y a forcément quelque chose chez moi qui les rebute. Sauf qu’étant incapable de définir quoi, je ne peux pas y remédier…
Je suis timide, c’est un fait. Toujours mal à l’aise en face de gens que je ne connais pas, ou peu, c’est un autre fait. Peut-être aussi sur la défensive (pourquoi donc ?), mais ça s’estompe très vite…
Suis-je seulement paranoïaque ?
Pourtant, est-ce que je me fais des idées quand telle personne invite tout le monde à manger le midi, sauf la secrétaire pestiférée, et moi ?
Etait-ce une vue de mon esprit, le jour où, discutant avec unetelle dans le couloir, une tierce personne arrive et lui fait la bise, desserrant à peine les dents pour me lancer un « bonjour » inaudible ?
Je ne sais pas ce que j’ai fait… Est-ce ma façon d’être ?
Je me suis toujours mieux entendue avec les hommes qu’avec les femmes. Et cela se vérifie encore ici : avec eux, pas de soucis, tout est simple, sans chichis. Avec les femmes, pourquoi ça ne fonctionne pas ? Est-ce que c’est parce qu’un rapport de compétition se créée ? Pourtant, je ne veux concurrencer personne… Seule à mon poste donc professionnellement parlant incomparable, elles ont leur vie et moi la mienne, différentes mais pas à juger, où est la compétition, là-dedans ?
Je sais que je suis parfois bizarre quand on ne me connaît pas, j’ai beaucoup de mal à être naturelle, mais c’est de la timidité. J’ai toujours l’impression de passer pour quelqu’un de stupide, non cultivée, snob, chieuse, ou que sais-je encore… Evidemment, ne vous connaissant pas réellement, sauf en ce qui concerne Siruss et Chalaime, vous ne pouvez pas avoir d’avis… Mais si vous aviez des suggestions… Siruss et Chalaime aussi, ceci dit, particulièrement Mademoiselle, étant donné que je me sens toujours particulièrement idiote devant toi (sûrement parce que tu es une fille, va savoir pourquoi !). Pourtant, lors de mon stage, 12 filles et 2 garçons, et tout allait bien… Je n’ai jamais eu cette impression de rejet que j’ai ici…
Je ne demande pas à ce qu’on me lance des fleurs. Je ne veux pas qu’on me cite des qualités. Je veux au contraire qu’on me lapide, qu’on m’envoie (avec des gants si vous voulez, mais soyez clairs) ce que vous pensez être chez moi des traits de caractère pouvant rebuter… S’il y en a, je DOIS les changer, je ne peux pas errer de boulot en boulot en stigmatisant les gens avec qui je travaille si le problème, c’est juste moi, moi et mes comportements…
Je crois n’avoir pas dit le quart des choses que j’avais prévues d’écrire ici, mais pour un article de come-back, je pense que c’est déjà bien suffisant. Voilà bien longtemps que je n’avais pas eu autant besoin de mon blog, alors il est fort possible que vous ayez souvent affaire à moi dans les prochaines semaines. Avec une nuance toutefois : notre utilisation d’internet est désormais surveillée au boulot, je vais donc devoir restreindre considérablement le temps que je passais à lire vos blogs, et à glaner des conseils sur les forums de chat. Ca va peut-être me permettre de me lancer à corps perdu dans mon boulot, non pas que je l’aie fait en dilettante depuis que j’y suis, mais forcément, il va falloir compenser le temps que je passais sur internet… Fini MSN également, les longues discussions avec mon meilleur ami Mandor, avec Lo, la famille d’accueil qui garde mon chat en attendant que j’aille le chercher (le 4 janvier !), Siruss parfois, et bien d’autres… En ce qui concerne vos blogs, merci Netvibes, ce site est formidable, je peux tout lire (mais non commenter malheureusement) de là-bas… Enfin, « tout » est un bien grand mot : Plum et yonyon, bloghotel est hélas inaccessible, et What’s, idem, je ne peux pas lire chez toi (j’espère que ça va mieux, mais je ne sais pas quand j’aurai l’occasion de discuter avec toi, avec ces histoires de MSN bouclé…).
Quoi qu’il en soit, je prendrai un peu plus de temps le soir, même si j’appréciais de ne pas me connecter du tout après le boulot, pour passer mon temps à flâner sans avoir l’impression de passer mes journées sur l’ordinateur… En tous cas, dès le 22 décembre je serai plus disponible : entre les ponts, les RTT que j’avais à prendre et les WE, entre le 22/12 et le 7 janvier, je ne travaille que le 28 décembre et le 3 janvier… Presque des vacances, que je vais apprécier à leur juste valeur.
Depuis une demi-page que je l’ai dit, je vais achever cet article ici.
Pardonnez-moi pour ce mois de silence, je crois que j’en avais besoin. Et puis comme vous avez eu de mes nouvelles sur vos blogs, ça n’a pas été trop inquiétant ;-)
Bonne fin de journée !